J’ai coupé les infos

C'est un torrent de boue, un torrent de haine, de fatalités, d'angoisses, de perditions. C'est ce que nous avons de pire, et je devrais vivre avec cela ?
Par Stéphane

Par Stéphane

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J’ai coupé les infos.

J’ai fait taire ce flot,

Je n’en pouvais plus de ces maux.

Informations ?

Quelle est pour moi, l’information ?

Savoir qu’ici on abat des enfants,

Que plus loin règne la dictature,

Qu’ici la haine et la terreur sont maitres.

Découvrir une fois encore,

Quel tel homme politique est corrompu,

Savoir que là tel religieux abuse de son pouvoir,

Que tel policier a perpétré une bavure,

Que tel manifestant saccage tout sur son passage,

Savoir que dans le foot, le sport n’est plus,

Que demain la terre va encore surchauffer ?

Que puis-je face à cela ?

Quel est mon pouvoir ?

Si ce n’est celui de détourner le regard.

Ho, non pas pour ignorer.

Je ne sais que trop bien les douleurs du monde.

J’ai vécu les douleurs,

J’ai vécu les nuits d’angoisses,

Les coups et les blessures,

J’ai vécu l’horreur des guerres à table le soir,

Le ton et le visage grave de PPDA,

J’ai vu le sang couler,

Tout comme l’argent, à rendre fou les plus sages,

Les luttes de pouvoirs,

La haine de l’autre pour une histoire de peau,

Pour une question de religion.

Adulte, je pensais que j’en avais fini avec la cour de récréation,

Je pensais en avoir fini avec ces méchancetés,

En fait, tout ne faisait que commencer.

Je n’ai pas envie de vivre ce monde-là.

Physiquement, je suis là, sur cette terre, je n’ai pas le choix.

La peur de l’autre, la défiance, la comparaison,

Nous les retrouvons dans nos rues.

Toute comme l’indifférence.

Et ces « infos » sont autant d’émotions,

Qui me touchent, me blessent et m’agressent.

Et que puis-je en faire ?

Je ne veux pas ressentir cela.

Je veux vivre, en paix avec les miens.

Je veux croire que mes mots les réconfortent,

Je veux croire que mes bras les rassurent.

Je veux croire que malgré tout,

Il existe encore une autre façon de vivre.

Je ne veux pas nier,

Je n’ai juste ni le pouvoir ni la capacité de changer le Monde.

J’ai passé des nuits à le refaire,

Autour d’un verre ou d’un pétard,

Pour au petit matin voir que rien n’avait changé.

Je n’en pouvais plus de ce désespoir.

Oui, c’est égoïste et oui,

J’ai la chance de vivre dans un pays qui me donne ce choix.

Alors, chaque jour, je n’écoute ni ne lis les informations.

J’écoute de la musique.

Car internet, c’est aussi des radios,

Sans pub, sans présentateur.

Rien que de la musique,

Toutes les heures, tous les jours, toute l’année.

Je vis ainsi, dans une bulle.

Avec une fenêtre sur le monde.

Une fenêtre numérique,

Parfois féérique.

Parfois tragique.

Une fenêtre sur le monde.

Une fenêtre sur un monde dans le monde.

Car le monde, c’est tout plein de tout petit monde.

J’ai choisi de construire le mien.

Parce que même s’il parait que la France c’est de la merde,

Hé bah je peux quand même y construire mon petit monde à moi,

Sans personne pour venir me l’enlever,

Sans personne pour venir le bouleverser,

Sans personne, parce qu’il en aurait envie, pour venir le renverser,

Avec haine, ou colère.

J’ai cette chance, de vivre en France.

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