La peur et moi

J'ai peur, alors elle s'empare de moi, partout, en tout, et je suis elle, elle est moi. Piégé.
Par Stéphane

Par Stéphane

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Je suis la peur,

Quand je dis que j’ai peur,

Je suis la peur,

Dans chacun de mes membres,

Dans chacune de mes veines,

Dans chacun de mes battements de cœur,

Je suis la peur.

La gorge nouée,

Le ventre qui brûle,

Le chaud et le froid,

La mâchoire qui se crispe,

Les muscles qui se tendent,

Et le souffle court.

Je suis la peur,

Et je cherche l’air,

Et je cherche ma respiration,

Et je me perds,

Et je me perds.

Et j’ère,

Dans un univers,

Qui n’existe qu’en moi,

Je me sens mourir,

Dépérir, à l’instant, m’effondrer.

Je ne suis plus là, au-dehors

Je suis dedans, au fond de moi,

Jouet de mon émotion,

Jouet de mon égo,

Qui partout, en tout, voit la mort.

Je tremble et frissonne,

Je glisse au fond de moi,

Un toboggan humide,

Une dégringolade sans fin,

J’hurle, je crie, appelle au secours,

Et personne n’entend mon silence.

J’ai peur, alors je suis la peur.

Je ne sais pas simplement ressentir,

Je me laisse déborder,

Alors je suis la peur,

Je l’épouse et danse avec elle.

Je ressens… mais ne comprends,

Et partout elle s’entend.

Alors je suis.

La peur est mon identité de l’instant.

Dans un monde de l’immédiat, je suis à l’instant.

Je ne sais simplement ressentir et laisser partir, alors je suis.

Pourtant, ce n’est rien qu’une émotion.

Si je ressens, simplement, alors je vis,

Et passe la peur,

Cette vision de mon esprit

Qui n’existe pas.

Rien qu’une vision, un tour qui m’est joué.

Je ressens.

Alors je respire.

Alors je me détends.

Alors je vis.

Pour de vrai.

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